Blog-note

mercredi 20 février 2013

Bécassine de St Ambroix à Paris cherche un emploi

Anecdote.
J'avais à peu près 21 ans. Fraîchement débarquée à Paris, une licence de philo, je cherche un travail à mi temps pour poursuivre à la Sorbonne. Annonces, agence de l'emploi, des dizaines de lettres par jour etc.. On me propose un truc au Marais, je ne me souviens plus exactement de la formule, genre serveuse dans un troquet, parfait, c'est dans mes cordes, j'ai adoré autrefois ce boulot chez mon oncle à St Ambroix qui tenait à l'époque le café de l'Esplanade et le salaire est inespéré. Le Marais à l'époque est un quartier chaud -mais je ne le sais pas-. Je fonce, bien fringuée à ma manière. Une drôle de boîte. Un peu fermée. Qu'importe, je rentre bravement. Je suis amoureuse, étudiante, fascinée par la ville, j'ai la vie devant moi, un culot d'enfer, rien ne m'arrête. Et je veux devenir si possible indépendante de mes parents. Un gus mi figue mi raisin au bar. Sympa malgré tout. Conversation:
-Bonjour, je viens pour le poste à pourvoir..
-Euh... je ne crois pas que ça ira..
-Mais pourquoi?
- Ben c'est un poste de danseuse..
Je ne me démonte pas d'un poil. 
-J'ai fait 5 ans de danse classique, justement, ça ne me déplairait pas de..
-Oui mais c'est spécial..
-Notez que j'ai aussi fait de la danse moderne ensuite, je parle anglais et italien et j'ai servi toute mon enfance dans le café de mon oncle à Saint Ambroix dans le Gard.."
Son sourire s'élargit. Après coup, je pense qu'il se retient de rire.
-Oui mais non... je suis sûr que ce n'est pas dans vos cordes..
-Mais comment le savez-vous? 
-C'est un peu spécial..
J'insiste lourdement, que sait-il de moi qui lui permette de me blackbouler à la fin ? Il a l'air accablé, un peu exaspéré aussi peut-être, Bécassine semble dure à cuire.. Il se lève:
-Bon, d'accord, venez voir."
Et de m'entraîner dans une cabine dont il ferme aussitôt la porte. Ça dure 1 mn, le temps de m'habituer à la demi obscurité, j’écarquille les yeux.. gzarrrtreerrrrzz et ressors tout de suite; je passe devant lui qui cette fois se marre franchement et file estomaquée. Dommage, c'était super bien payé et les horaires étaient aménageables. Ce n'est pas encore ce coup-ci que je pourrai économiser de l'argent à mes parents qui heureusement m'en envoient régulièrement. Voir hélas la même mésaventure d'une chômeuse mais plus hard car contemporaine et issue cette fois carrément.. du "pôle emploi"! (Lien)

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